Présentation

Le label « Fabrique de culture » est un dispositif de soutien à de nouveaux lieux culturels impulsé par le Conseil Régional d’Ile de France. C’est une aide globale au fonctionnement permettant aux structures de développer un projet artistique centré sur la création et l’expérimentation. Il y a plusieurs types de « Fabriques », suivant les liens qui caractérisent les relations entre les créateurs d’une part et la gestion du lieu et des productions artistiques d’autre part. Pour SIANA, nous avons choisi d’adopter la définition suivante :

La Fabrique SIANA est composée d’espaces de travail équipés dont l’activité principale se caractérise par l’accueil d’artistes, de créateurs ou d’auteurs pour des sessions de travail, de recherche ou de création, sans contrainte de résultat à court terme et pour le temps nécessaire à leurs projets en cours.
Lieux de travail, d’expérimentation et de création par essence, son rapport au territoire passe par la mise en œuvre d’un projet artistique cohérent qui s’inscrit dans un réseau professionnel. Les artistes accueillent occasionnellement le public dans le cas de la monstration d’une œuvre ou d’une étape du travail, ou lors de l’organisation d’ateliers pédagogiques. La Fabrique SIANA est dédiée aux arts numériques, elle peut accueillir des artistes plasticiens, des performers, des musiciens, des animateurs/pédagogues et des chercheurs.

Ce label est l’occasion pour Siana de pérenniser l’accompagnement des artistes et de créer un véritable Centre de production et de diffusion des arts numériques.

Nos objectifs

L’avènement des cultures numériques a bousculé de nombreuses frontières, entre amateurs et professionnels, entre artistes et ingénieurs ou entre les disciplines. Cette mobilité nous la constatons également dans la trajectoire des artistes que nous soutenons, ils prennent appui sur des formations ou un environnement scientifique (sciences dures et sciences humaines) dans leur processus créatif.

Le premier objectif de la fabrique est donc de favoriser ce dialogue entre ingénieurs et managers des 3 Grandes Écoles de TIC d’Évry (ENSIIE, Télécom SudParis et Télécom École de Management) et les artistes qui vont questionner la réalité des objets (numériques) et de notre perception.

Ces nouvelles modalités de partage, nous souhaitons aussi les retrouver dans l’interaction entre les œuvres et le public. Cet axe est d’autant plus pertinent que l’ENSIIE développe parallèlement son projet de CRI dédié aux jeux vidéo et à la « smart city » et que nos associations partenaires d’éducation populaire se sont engagées dans une réflexion autour de la cartographie artistique, ludique et pratique du territoire essonnien.

Le second objectif est d’explorer les nouveaux liens entre l’Homme et la machine à travers les jeux vidéo et les dispositifs interactifs, non pas du côté de la performance ou de la narration portée par l’industrie du jeu, mais plutôt du côté de l’exploration artisanale des interfaces et des imaginaires. Une création indépendante qui se conçoit comme œuvre originale, nous raconte quelque chose sur notre rapport au jeu et à ses limites et s’expose dans les festivals et les galeries d’arts numériques.

Notre approche Art/Technologies/Société met en valeur l’une des principales caractéristiques du numérique : les cultures numériques sont des cultures du partage, de la bidouille, de l’expérimentation et du libre ; elles ont engendré de nouveaux outils comme Wikipédia, Youtube, la multitude des blogs… Les artistes hackers interviennent volontiers dans le champ sociétal et celui des espaces publics où ils détournent des objets du quotidien. C’est davantage le processus que le résultat qui les intéresse.

Le troisième objectif est que les artistes contribuent à notre réappropriation des technologies et nous invitent à retrouver un rapport ludique avec notre environnement, qu’ils stimulent notre curiosité pour faciliter notre « Empowerment » ; pour cela, les expositions ou les performances sont liées à la pratique et à la transmission (ateliers ou workshops).

Notre accompagnement

Les artistes attendent une écoute attentive sur l’objet de leur travail : comment il s’insère dans leurs parcours individuels ou collectifs -dans leur oeuvre-, et comment cet objet peut également rejoindre des réseaux de diffusion. Etre en résidence à la Fabrique, c’est bénéficier d’un accompagnement en termes administratif, technique, et de diffusion.

C’est également bénéficier d’espaces dédiés : ateliers de création, un fablab -espace dédié aux outils numériques -, bureaux en open-space, salle de réunion et de documentation, et un appartement pour les séjours longs. Ainsi que d’un environnement susceptible de fournir des ressources complémentaires. (cf. onglet sur les espaces).

C’est enfin la possibilité de se confronter à d’autres artistes et acteurs du numérique. Ainsi qu’au public : des actions en direction de nos publics, étudiants, groupes e-inclusion, public des manifestations, seront imaginées par chaque résident, en lien avec leur démarche de création.

Les artistes numériques ne connaissent pas les mêmes contraintes que les artistes du spectacle vivant qui ont des temps de travail continu et concentré sur les périodes qui précèdent la création ; le temps de gestation d’un projet numérique peut être très bref ou très long et être ponctué de rendez-vous intermédiaires.
C’est pourquoi nous avons fait le choix d’associer quatre artistes et collectifs d’artistes sur un temps long, parce que leur démarche entre en résonnance avec la philosophie et les objectifs de Siana.

Nous accompagnerons également d’autres artistes, sur sélection d’un projet de création particulier. Les durées de résidence, leur nombre et la nature de l’accompagnement varieront en fonction des projets. Le premier appel à projet interviendra au dernier trimestre 2014.