L’étrange communauté des hommes et des machines

Séminaire les Jeudi 9 avril et vendredi 10 avril, à l’ ENSIIE
(accès par le 1 square de la résistance)
Entrée libre

Il n’y a de sens à parler de relation homme/machine qu’à considérer la machine dans un rapport d’extériorité radicale à l’humain. Or, qu’est-ce qu’une machine sinon le produit de l’activité et de la créativité humaine ? Évoquer la relation homme/machine pour l’interroger, c’est donc pointer du doigt une manière particulière de définir l’activité machinique de l’humain comme quelque chose qui vient de lui et en même temps le déborde et lui est étranger.

Cette relation peut-elle être le lieu d’expériences sensibles qui renouvellent notre vision du monde, la dérangent, la déplacent ? Comment, en effet, imaginer une relation à la machine qui ne soit ni utilitaire ni fonctionnelle – conditions mêmes de l’expérience artistique – alors même que la machine a été, dès l’aube de la modernité et en premier lieu dans le registre industriel, pensée dans la perspective d’un dépassement de l’humain ? Que peut-il y a voir de commun entre ce souci d’un accroissement illimité des performances et de la productivité et l’expérience artistique ?
Nous traiterons de ces questions par le biais de trois thématiques de rencontre, avec des chercheurs, des professionnels des cultures numériques ainsi que les artistes présents dans l’exposition.

MARIONNETTE, AUTOMATE, HUMAIN

Jeudi 9 avril, 14h-17h30
Sous la direction de Gérard Dubey, professeur de sociologie à Télécom Ecole de Management, chercheur au laboratoire CETCOPRA de l’Université Paris 1
Le processus d’automatisation qui débute avec le machinisme industriel se nourrit de la rupture avec l’expérience sensible ordinaire. Pourtant nous retrouvons à toutes les époques des thaumatas, c’est-à-dire les machines à rêver.
Avec :
Emmanuel Grimaud, chargé de recherche au Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative du CNRS / Université Paris 10 et membre du comité de rédaction de la revue Gradhiva.
Jean-Paul Fourmentraux, chercheur associé à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris (EHESS) au Centre de recherches sur les arts et le langage, et professeur à l’Université d’Aix-Marseille.
Marie-Julie Bourgeois, artiste et doctorante en « Esthétique, sciences et technologies des arts » à l’Université Paris 8.

INTERACTIONS, DÉTOURNEMENTS, APPROPRIATIONS

Vendredi 10 avril, 9h30-12h30
Sous la direction de Raphael Koster, docteur en Socio-anthropologie, chercheur au CETCOPRA, chef de projet pour le Centre expert MADoPA.
Quelles sont les implications sociales de l’autonomie robotique ? Au travers de retours d’expérience, il s’agira de confronter les logiques internes à la conception des robots avec les détournements créatifs et modes d’appropriation observés à l’usage.
Avec :
Sébastien Delarue, docteur en robotique et fondateur de la start-up Droids Company.
Raphael Koster, avec des retours d’expérience sur l’appropriation par les personnes âgées d’un projet de robot d’assistance.
Michael Cros, chorégraphe et plasticien dans la compagnie marseillaise la Méta-Carpe.(sous réserve)
Emmanuelle Grangier, artiste plasticienne et chorégraphe, docteur en Arts et sciences de l’Art, professeur de pratiques numériques à l’école supérieure d’art de Cambrai

« CLIC-CLAC, C’EST DANS LA BOÎTE ! » : LA PHOTOGRAPHIE EST-ELLE UNE OEUVRE
– MÉCANIQUE – DE L’ESPRIT ?

Vendredi 14h-16h30
Sous la direction de Rémi Calzada, conservateur, directeur adjoint du musée français de la Photographie (Bièvres).
Quel rôle l’évolution numérique du procédé photographique joue-t-elle dans notre rapport à cette image appelée à ses débuts dessin automatique ou image-machine ?
Avec :
Jacques Hémon, analyste du marché photo, enseignant à l’ENS Louis Lumière et journaliste.
Tomek Jarolim, artiste plasticien et designer chez Orbe, chargé de cours en pratique textuelle numérique à l’Université Paris.
Thibault Brunet, photographe. Son travail, entre réalité et virtualité, questionne le régime de vérité dans l’image numérique.