Du 19 au 23 octobre 2020 s’est tenu dans le cadre des vacances apprenantes, un atelier créatif au collège Léopold Sédar Senghor de Corbeil-Essonnes, animé par les artistes Alexandra Isis Petrachi et Jennifer Hugot. Les deux artistes ont créé, avec l’aide de huit collégiennes, une fresque murale collaborative augmentée autour de l’écologie, représentant la nature, l’harmonie et la vie, imaginant un espace qui interroge notre rapport au vivant et à l’invisible.

La réalisation de cette fresque a débuté par une séance de discussion entre les deux artistes et les collégiennes, autour de l’écologie, la nature, la faune et la flore, ensuite elles ont réfléchi ensemble à ce qu’elles voulaient représenter sur la fresque.
La fresque montée dans la salle de permanence du collège, permettra à tous les élèves de laisser un message en rapport avec la nature, l’environnement et la vie, à travers un QR code à coller sur la fresque. Ces messages seront lisibles directement sur l’application du collège, en scannant le QR code avec une tablette.

Suite à la réalisation de cette fresque en fin d’année 2020 et au succès qu’elle a rencontré au sein de l’établissement, les artistes et les élèves ont été sollicités pour la réalisation d’une seconde fresque qui trouvera sa place cette fois-ci dans la salle du futur Fablab porté par les Cités éducatives.

 

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Dans le cadre de ce projet, nous vous proposons une Interview de Jennifer et Alexandra-Isis!

 

Siana : Bonjour, pouvez-vous vous présenter ?


Nous sommes Jennifer et Alexandra-Isis, deux artistes pluridisciplinaires qui ensemble réalisent des fresques pop, poétiques et engagées.

Jennifer tisse, elle s’est formée au métier du textile et en détient les savoir-faire. Son inspiration première est le tissu, cette matière universelle qui traverse les époques, façonnée de fils qui s’entrecroisent. Jennifer explore le tissage sous toutes ses formes, notamment à travers le papier, le découpage et la peinture. Elle se réapproprie de manière contemporaine ce geste ancestral de tisseuse, créant des rythmes, motifs, et autant d’impressions visuelles entremêlées de jeux de couleurs et de formes.

Alexandra-Isis illustre des contes, des combats, des songes. Quel que soit le support, son travail nous invite à une expérience onirique. Elle invoque les esprits de la nature et nous invite à nous relier à eux, à écouter leur message pour incarner un monde plus sensible, plus mystique, plus magique, plus résilient, plus juste.


Siana : Pouvez-vous nous parler de votre travail ? En quoi consiste t-il ?


Nous réalisons de grandes fresques en intérieur ou en extérieur, mêlant un travail illustratif et organique, très végétal, à des formes abstraites, lignes, rythmes qui s’entremêlent, se divisent et se rejoignent pour créer un univers coloré et onirique. Les rythmes se tissent comme autant de maillages sociaux et culturels. Souvent des créatures gardiennes s’invitent, gardiennes bienveillantes de notre lien au vivant, à l’unité, à ce que nous sommes tou.te.s « des êtres en lien ». 

Nous souhaitons par nos créations ré-enchanter l’espace urbain, inviter au rêve, à la poésie. Par ce geste poétique et politique, nous cherchons à nous ré-approprier l’espace public en y impliquant le public (fresque collaborative, échanges avec les passants). Nous espérons que les habitants des quartiers où sont réalisées les fresques puissent se réjouir de voir sur leurs murs, couleur et poésie, une grande fenêtre invitant à la joie et au rêve.

Siana : comment en êtes-vous arrivées à travailler ensemble ?

Nous nous sommes rencontrées en septembre 2017 lors de la création des ateliers d’artistes partagés et de l’association Opaz3 à Aubervilliers. Nous avions toutes deux envie de développer de nouveaux projets, des collaborations, d’explorer de nouvelles formes et supports pour notre travail et de travailler à grande échelle. Nos centres d’intérêt se rejoignaient autour du féminisme, d’une certaine forme de spiritualité et d’un engagement social fort.

À ce même moment, l’association Riofluo proposait son service « Easyaap », (service destinés aux street artistes pour trouver et répondre à des appels d’offres https://www.riofluo.com). Nous avons pris cela pour un signe et avons commencé à répondre à des appels d’offres en duo. Nous avons ainsi allié nos forces pour répondre à des projets de plus grandes envergures.

Le support fresque est parfait. En tant que femmes, il nous permettait de reprendre peu à peu de la place dans l’espace public, d’ancrer notre travail dans une démarche plus engagée et de la déployer socialement en intégrant du public à la co-réalisation de certaines de nos créations.

Siana : Comment s’est monté le partenariat avec le collège Léopold Sédar Senghor ?

Suite à la pandémie, le gouvernement a déployé des budgets pour la mise en place de projets éducatifs destinés aux enfants/adolescents, notamment « les vacances apprenantes ». Alexandra-Isis était à ce moment en lien avec l’association Siana à qui elle a fait part de son envie de proposer à un groupe d’adolescent.e.s la réalisation d’une fresque murale, souhaitant par ce média leur permettre d’exprimer leur ressenti sur la période difficile que nous venions de traverser.

L’association Siana a fait circuler le projet aux divers collèges du département par le biais du conseil départemental de l’Essonne et des cités éducatives. 

Celui-ci a trouvé échos auprès du collège Senghor qui nous a proposé une première collaboration lors des vacances apprenantes d’Octobre 2020. À la suite de cette première réalisation, le collège nous a sollicité à nouveau pour la réalisation d’une nouvelle fresque avec d’autres élèves. Le projet cette fois-ci s’est déroulé sur 3 mois (6 mercredi après-midi plus les vacances apprenantes de février).

Siana : comment se déroule une séance de travail ? Par quoi commencez-vous ?

Toutes les séances se déroulent de la même façon. Nous commençons par un cercle de paroles (météo du jour et parole libre), proposons le programme de l’atelier du jour puis passons à la pratique. À la fin de la journée nous reformons le cercle pour clôturer l’atelier et donner nos ressentis sur les choses réalisées.Nos projets collectifs se déploient tous selon la même structure. En fonction du temps imparti nous prenons plus ou moins de temps sur chaque étape. 

En voici les principales :

– Temps de parole et création d’un lien de confiance, d’écoute et de partage entre les participant.e.s soutenu par une prise de parole en cercle sans hiérarchie …

– Découverte du street art, de ses différents courants reliés à quelques notions d’histoire de l’art (depuis les premiers symboles dans les grottes en passant par les plafonds de la renaissance, les affiches ..)

– Présentation de notre travail et explication de nos codes graphiques et esthétiques.

– Découvertes de la conception à la réalisation d’un visuel en passant par quelques autour de divers concepts (qu’est ce que la beauté, différencier l’abstrait et le figuratif … ). Brainstorming d’idées autour d’un thème choisi.

– Création d’un concept collectif à partir de l’idée retenue par le groupe, du langage graphique commun aux participant.e.s. qui permettra de le réaliser.

– Recherche graphique, gamme de couleur, rythme, symboles.

– Réalisation d’esquisses et ajustement du projet final.

– Report des cotes et création des tracés sur le mur puis réalisation de la fresque.

– A l’issu de la réalisation de la fresque : temps de parole et d’échanges sur l’expérience

Siana : Quel message voulez-vous transmettre à travers ces fresques ?

Lorsque nous co-créons des fresques avec du public, c’est une opportunité de transmettre nos connaissances, notre vision du monde, une occasion de partager notre univers et une invitation pour les participant.e.s à s’exprimer à travers les outils créatifs que nous leur transmettons.

Nous souhaitons avant toutes choses partager un moment, une expérience, qu’il s’agisse avant tout d’une rencontre humaine, un moment de partage de valeurs, d’écoute, d’attention à soi et aux autres. 

Le geste de peindre dans l’espace public n’est pas anodin. Il offre la possibilité de prendre notre place, en tant que femmes, en tant qu’artistes, également en tant que collectif. Nous faisons ainsi porter nos voix, nos messages, nos combats, et espérons apporter un peu de rêve et de couleur dans les forêts de béton de nos villes.

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