Dans le cadre des Vacances apprenantes, et en collaboration avec la Micro-Folie de Grigny, SIANA a organisé, deux ateliers créatifs et technologiques du 28 au 29 octobre 2020, animé par l’artiste plasticien Jérôme Saint-Clair dans l'enceinte du Centre culturel Sidney Bechet.

Les 10 participants âgés de 8 à 12 ans ont débuté le mercredi 28 octobre avec l’atelier BIM BAM BOUM TCHAC, où ils étaient invités à créer une manette de jeu, qui leur permettait ensuite de déclencher différents sons à travers une interface web conçue spécifiquement pour cet usage. Pour ce faire, guidés par l'intervenant, ils ont démonté un clavier d’ordinateur et ont étudié de plus près son fonctionnement. Les participants ont travaillé en grande partie à l'utilisation du contrôleur et aux expérimentations sonores.

Ils ont ensuite participé à l'atelier JE N’AIME PAS DESSINER durant lequel, ils ont été invités à réaliser le remake d'une bande dessinée ou d'un manga. Des LEGO (personnages, accessoires et éléments de construction) étaient mis à leur disposition afin de recréer les décors et différentes scènes des planches originales.

Plutôt que de dessiner, les participants ont pu utiliser des techniques d'intelligence artificielle de transfert de style / réseaux neuronaux. Pour cela, des applications gratuites au fonctionnement simple ont été installée sur les smartphones ou tablettes. C'est ce qui a permis de prendre des photos et de styliser automatiquement des images. Les travaux produits ont été mis en ligne et/ou imprimés en version papier et les participants sont repartis avec leurs créations.

 

Interviews

Avec Jérôme SAINT CLAIR

SIANA : Bonjour Jérôme, peux-tu te présenter ?

Jérôme : Je m’appelle Jérôme SAINT CLAIR, je suis artiste, évoluant essentiellement dans les arts numériques ; donc je crée des œuvres qui comportent un volet électronique ou programmation qu’on peut décliner ensuite sous différentes formes. Ça peut être des œuvres qui se trouvent dans un espace physique avec lesquels on peut interagir en bougeant, en appuyant sur les boutons. Ça peut être des choses qui ont pour support internet, comme des œuvres qui prennent la forme de sites web ; c’est ce qu’on appelle le Net Art.

J’interviens avec mes propres créations, mais je fais aussi parti d’autres collectifs comme The Dead Minitel Orchestra qui consiste à faire revivre le minitel et à faire de la musique avec. Il y a également le collectif The internet of Dead Things Institute qui utilise lui aussi le minitel mais sous une forme différente, c’est-à-dire qu’on a développé un système d’exploitation qui permet de donner une nouvelle vie au minitel et de s’en servir comme une console et un écran terminal.

SIANA : Peux-tu nous dire en quoi consistent ces ateliers ?

Jérôme : Ce sont des ateliers qui devaient normalement se dérouler sur trois jours, et j’ai proposé tout d’abord un atelier qui consiste à détourner un clavier d’ordinateur afin d’en faire un contrôleur de musique. Donc les participants démontent le clavier. Ensuite, par le biais de soudures, et en rajoutant des boutons, ils reconnectent les différentes touches qui vont déclencher des sons à l’aide d’une manette et une page web que j’ai développé. Cette page permet de tester les manettes et de jouer de la musique directement depuis un téléphone ou un ordinateur.

La deuxième partie consiste à utiliser de technologie d’intelligence artificielle, notamment de transfert de style pour faire une bande dessinée mais sans dessiner. Je leur propose de créer les scènes avec les personnages, ensuite de prendre une photo ? qui ensuite sera transformer en dessin dans un logiciel.

SIANA : Pourquoi faire ces ateliers à la Micro-Folie de Grigny ?

Jérôme : En fait ça permet aux participants de découvrir un peu l’univers de l’art numérique, les possibilités que ça offre en termes de création, en utilisant des outils simples ou des choses qu’ils peuvent facilement trouver chez eux.

SIANA : Comment se déroule le travail avec les enfants ?

Jérôme : Ils sont très curieux, ils apprennent vite aussi et donc il faut les aider un peu, parce que souder des composants si on ne l’a jamais fait, c’est parfois un peu délicat…, mais ils se débrouillent plutôt très bien ! Après il y a toujours de petites retouches par-ci par-là, mais on les aide et là déjà en une journée certains ont déjà fini leurs manettes, et c’est vraiment agréable de travailler avec eux.  Et régulièrement je fais des ateliers de ce type-là, surtout avec SIANA essentiellement, jusque-là dans les médiathèques et parfois en milieu scolaire ; ce n’est pas l’essentiel de mon travail mais j’arrive à en faire plusieurs fois par an.

Avec Sahihou, un participant

SIANA : Bonjour, peux-tu te présenter ?

Sahibou : Bonjour, je m’appelle Sahibou, j’ai 12 ans, j’habite à Grigny

SIANA : Comment as-tu entendu parler de ces ateliers ?

Sahibou : Mon père collabore de temps en temps avec le centre culturel Sidney Bechet, et c’est lui qui nous en a parlé et ça m’a intéressé.

SIANA : Pourquoi ces ateliers t-ont-ils intéressé ?

Sahibou : Parce que je fais beaucoup de choses comme ça chez moi et j’aime tout ce qui touche à l’électronique.

SIANA : Qu’est que tu as pu réaliser durant ces ateliers ?

Sahibou : Je fabrique une sorte de manette en carton, constituée de plusieurs boutons, qui permet de produire de sons, de voix, et de la musique quand on la connecte à un appareil.

SIANA : Comment se fait-il que le son sorte du téléphone ? Comment expliques-tu ça ?

Sahibou : J’ai connecté plusieurs fils à des boutons sur la manette, que j’ai relié à une application sur mon téléphone. Cette application s’appelle BIM BAM BOUM TCHAC et c’est elle qui nous permet d’avoir du son.

SIANA : Qu’as-tu fait en suite ?

Sahibou : Ensuite, on doit raconter une histoire en créant des personnages et de paysages avec des lego. Moi par exemple, j’ai fabriqué un pont en lego, en imitant l’image qui se trouve sur la tablette, ensuite je vais fabriquer des arbres.

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